Niki de Saint Phalle 1930–2002
Quand Niki de Saint Phalle conçoit du mobilier, c’est d’abord pour elle-même, pour son propre plaisir et son usage personnel. Et ça se ressent !

Nous aussi nous aimerions bien nous assoir sur les genoux de Charly (1981), le fauteuil qui rappelle à l’artiste l’affection réciproque qui la lie à la galeriste Micheline Szwajcer et à son époux Charly. 

Charly a pris place chez M.A.K. Galerie. Il est venu avec ses Quatre Nanas (1991), la fontaine du Jardin des Tarots qui, dans une version réduite, a également suivi Niki de Saint Phalle dans son atelier de Soisy-sur-Ecole. 

Niki de Saint Phalle peignant une sculpture, assise sur le fauteuil « Charly » (1981), avec une version réduite des « Quatre Nanas » (1991), fontaine du Jardin des Tarots.
Niki de Saint Phalle dans son atelier, assise sur Charly (1981), peignant une sculpture. À ses côtés, une version réduite des Quatre Nanas (1991) — évocation de la fontaine du Jardin des Tarots.
Photo : Laurent Codominas. © Niki Charitable Art Foundation

Si cette figure emblématique de la Nana est bien représentée ici (Nana vase, 1984 ; Ange vase, 1993 ; Oiseau amoureux vase, 2000), elle cède le pas à des pièces beaucoup plus rares. On verra ainsi, au 24 avenue Matignon, Le Diable du Jardin des Tarots présenté lors de la grande rétrospective du Grand Palais, à Paris, en 2014 ou des pièces de mobilier exposées à Toulouse en 2022 dans une exposition retentissante remontée au Musée des Beaux-Arts de Québec en 2025. 

Le Vase aux deux têtes (1989), le Grand Chameau (1991), le Vase Chien (1992) à double face et le « Black Hero » #19 Baseball Player (1999) sont caractéristiques de cet « Art en liberté », un art de liberté pour la Liberté. 

Niki de Saint Phalle s’est affranchie des règles. Qui a dit qu’il n’y avait qu’une manière de s’assoir sur une chaise ? Après les fameux fauteuils aux serpents, les fauteuils anthropomorphes dont Charly, l’artiste a imaginé Dos-à-dos (1993) : boudez-vous, jouez à la chaise musicale ou asseyez-vous à califourchon… bref, osez ! 

Les meubles-sculptures de Niki de Saint Phalle sont à l’honneur chez M.A.K. Galerie. Les œuvres sont signées et portent le cachet de l’atelier Haligon, spécialisé dans la production de résines d’art et situé dans le Val-De-Marne. La collaboration a commencé avec Robert, le père, dès le milieu des années 1970. Elle s’est poursuivie avec Gérard, le fils. Ce qui au départ était des créations pour servir de décor à ses films dans la perspective de créer un art total est devenu un art à vivre dont témoignent les photographies d’archives montrant Niki de Saint Phalle vivant dans son mobilier.