Le projet The Umbrellas fut conçu en 1984 et la production d’esquisses de l’objet imaginé, entre 1984 et 1991. Parasols jaunes pour la Californie, bleus pour le Japon. Cette œuvre préparatoire de 1990, représentant les parasols bleus du site japonais, témoigne de la phase finale de conception du projet. Associant crayon, pastel, fusain, peinture-émail et carte topographique, elle ancre la vision artistique dans la réalité géographique de la vallée de la rivière Sato.
Le bleu fut choisi pour le Japon en réponse à son environnement et son climat : contrairement à la sécheresse californienne, la région d’Ibaraki bénéficie d’une végétation luxuriante et de rizières verdoyantes. Les parasols sont de fait assimilés à un peuplement végétal dont le code couleur est rapporté au biotope.
Le site japonais du fond et des versants de la rivière Sato accueillit 1 340 parasols (1) couvrant une bande de 57 km². Il nécessita 920 installateurs. Le projet fut en place le 9 octobre 1991 (2).
Avec ce projet, Christo a changé l’ordre de grandeur de leur intervention in situ : le gigantisme constitue depuis lors la caractéristique la plus spectaculaire des projets et installations, qui culminera, en 1991, dans le dédoublement du site d’installation de The Umbrellas de part et d’autre du Pacifique (3).
« The Umbrellas ont été vus, approchés, et appréciés par le public pendant 18 jours ; soit à distance en voiture ou à proximité où ils bordaient les routes, soit en marchant sous « Les Parasols » dans leurs ombres lumineuses. » (4)
Notes
- Ces points sont des parasols d’une hauteur constante de six mètres et d’un diamètre constant de 8,66 mètres, constitués de huit pans triangulaires de tissu formant des plans inclinés, qui rayonnent depuis un point d’origine fixe, le sommet de leur pied. ↩
- Citation de Christo au sujet de la saison de mise en place : « Je pense que l’automne est aussi idéal au Japon car — pour des raisons aussi pratiques qu’esthétiques — j’aimerais utiliser les rizières. Après la récolte du riz, quand les rizières ne sont plus plantées, je serai libre d’y installer les parasols. Je réaliserai le projet quand cela conviendra aux fermiers et aux habitants. » (Yanagi M., 1989, Interview de Christo, in Catalogue d’exposition, Christo from the Lilja Collection, Musée d’art moderne et contemporain, Nice, pp. 176‑203). ↩
- « Pourquoi Ibaraki ? […] Ibaraki se trouve au nord de Tokyo, près de l’aéroport international de Narita. […] Le Pacifique réunit les deux sites. » (Christo et Jeanne-Claude, 2000, p. 19). ↩
- Marsaud-Perrodin, 1996, p. 84. ↩
Référence : Christo (1998/a), Christo and Jeanne-Claude, The Umbrellas, Japan‑USA, 1984‑1991, Cologne, Editions B. Taschen, 1422 p. (2 volumes).