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Tableaux modernes
Sculptures
Écoles de Paris

50 ans d’expérience au cœur du Triangle d’or

24, avenue Matignon – 75008 Paris
+33 (0)1 44 18 73 00
artparis@makgalerie.com
Marc-Arthur Kohn +33 (0)6 09 75 74 72

Exposition en cours

Arman
Niki
De Saint Phalle
Christo

Il est drôle,
il surprend,
il interpelle,
alors on l’aime…

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Auguste
 

Œuvres choisies

  • Edgar
    Degas
    1870
  • Jean
    Dufy
    1906
  • Paul
    Klee
    1918
  • Othon
    Friesz
    1928
  • Pablo
    Picasso
    1949
  • Fernand
    Léger
    1952
  • Marc
    Chagall
    1953
  • Serge
    Poliakoff
    1965
  • Max
    Ernst
    1973
  • Auguste
    2021

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Conseil – Estimation – Vente

en permanence œuvres de Maurice utrillo

Maurice
Utrillo
Étude du Moulin de la Galette à Montmartre sous la neige, 1928
Pastel sur carton

Valérie et Marc-Arthur Kohn sont membres du Comité Utrillo‑Valadon. Hélène Bruneau est détentrice du droit moral de Maurice Utrillo et Suzanne Valadon. Le Comité d’expertise se réunit au 24, avenue Matignon dans les locaux de M.A.K. Galerie.

Record mondial pour une œuvre de Suzanne Valadon vendue plus de 1,6 million d’euros
dont l’authenticité venait d’être confirmée par le Comité Utrillo-Valadon.

Suzanne
Valadon
Nu au chat, allongé sur une draperie à fleurs, 1920
Huile sur toile, 145,7 × 97,2 cm
Vente Sotheby's Paris, le 03/12/2025, lot 6, adjugé € 1 300 000

Damocles 1 Damocles 2 Damocles 3 Damocles 4

En exclusivité

Confrontation générationnelle
entre
Damoclès
(né en 1966)
et
Marcel Duchamp
(1887–1968)

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Auguste

Auguste Life is a puzzle

Il est drôle, il surprend, il interpelle, alors on l’aime…

Auguste est jeune de ses 47 ans. Son art se situe entre l’imaginaire des enfants et l’univers ludique des grands rêveurs. Il plonge le spectateur dans un monde coloré issu de la bande-dessinée, du dessin animé
et de la télé.

Déjà très reconnu outre-Atlantique, l’artiste séduit par son art « pop » des célébrités telles que Leonardo DiCaprio, Rafael Nadal, Stanislas Wawrinka, Michael Jordan, ou encore Michelle et Barack Obama…

En France, il crée le trophée des Auguste, un « lapin d’or » qui distingue les humoristes de l’année.

La prochaine cérémonie aura lieu le 2 février 2026, au Nouveau Siècle à Lille.

Ce qui interpelle à la découverte des œuvres d’Auguste, c’est l’envie irrésistible de les toucher.

Surprise !

Ce qui semble ballon de baudruche se révèle étonnamment ferme. La sculpture est en résine avec des applications de feuilles d’or, recouverte d’une rutilante peinture automobile dont les pigments luxueux sont empruntés à Rolls-Royce ou Aston-Martin.

« Le Coyote » dans son bestiaire, occupe une place de prestige. Il est le héros malchanceux d’un cartoon
de Chuck Jones (1949), prédateur obstiné dont chaque tentative échoue en un martyre burlesque.

Auguste dans sa passion « pop », idéalise l’instinct de celui qui ne renonce jamais.

MAK Galerie est honorée du partenariat qui s’est construit sur l’amitié avec cet artiste de grand talent.

Gageons que 2026 soit pour Auguste une année exceptionnelle, propulsée par un projet grandiose avec
une entreprise française de renommée internationale…

Niki (copie)

Niki de Saint Phalle 1930–2002
Quand Niki de Saint Phalle conçoit du mobilier, c’est d’abord pour elle-même, pour son propre plaisir et son usage personnel. Et ça se ressent !

Nous aussi nous aimerions bien nous assoir sur les genoux de Charly (1981), le fauteuil qui rappelle à l’artiste l’affection réciproque qui la lie à la galeriste Micheline Szwajcer et à son époux Charly. 

Charly a pris place chez M.A.K. Galerie. Il est venu avec ses Quatre Nanas (1991), la fontaine du Jardin des Tarots qui, dans une version réduite, a également suivi Niki de Saint Phalle dans son atelier de Soisy-sur-Ecole. 

Si cette figure emblématique de la Nana est bien représentée ici (Nana vase, 1984 ; Ange vase, 1993 ; Oiseau amoureux vase, 2000), elle cède le pas à des pièces beaucoup plus rares. On verra ainsi, au 24 avenue Matignon, Le Diable du Jardin des Tarots présenté lors de la grande rétrospective du Grand Palais, à Paris, en 2014 ou des pièces de mobilier montrées à Toulouse en 2022 dans une exposition retentissante remontée au Musée des Beaux-Arts de Québec en 2025. 

Le Vase aux deux têtes (1989), le Grand Chameau (1991), le Vase Chien (1992) à double face et le « Black Hero » #19 Baseball Player (1999) sont caractéristiques de cet « Art en liberté », un art de liberté pour la Liberté. 

Niki de Saint Phalle s’est affranchie des règles. Qui a dit qu’il n’y avait qu’une manière de s’assoir sur une chaise ? Après les fameux fauteuils aux serpents, les fauteuils anthropomorphes dont Charly, l’artiste a imaginé Dos-à-dos (1993) : boudez-vous, jouez à la chaise musicale ou asseyez-vous à califourchon… bref, osez ! 

Les meubles-sculptures de Niki de Saint Phalle sont à l’honneur chez M.A.K. Galerie. Les œuvres sont signées et portent le cachet de l’atelier Haligon, spécialisé dans la production de résines d’art et situé dans le Val-De-Marne. La collaboration a commencé avec Robert, le père, dès le milieu des années 1970. Elle s’est poursuivie avec Gérard, le fils. Ce qui au départ était des créations pour servir de décor à ses films dans la perspective de créer un art total est devenu un art à vivre dont témoignent les photographies d’archives montrant Niki de Saint Phalle vivant dans son mobilier. 

Arman (copie)

Arman,
(Armand Fernandez)
1928–2005
L’un des fondateurs du mouvement des Nouveaux Réalistes
Arman décompose, découpe et accumule tout ce qu’il lui tombe sous la main c’est son principe de base.
Il s’inspire même des emblèmes d’œuvres classiques pour les reconstruire et les recomposer.
Les « outrages » qui fait subire à La Vénus Genitrix du Louvre et la Diane de Versailles, en sont de parfaits exemples.

M.A.K. Galerie expose deux rares « Transculptures » : Venus Labyrinthe de l’Amour et Engrediane ainsi que des œuvres choisies qui permettent de parcourir 40 ans de création . 

Arman est un esthète.

il aime :

— La Musique, au point de noyer des violons (Violon noyé 1972) ou de les violenter (Violon Coupé III 1994)

— La Peinture, il l’accumule, laisse couler des tubes, et regarde les matières s’assembler (Accumulation de flacons de vernis et coulées rouge et argent, 1968-1969). 

Dans son concept novateur, Arman fige des collections d’objets, accumule des éléments du quotidien qu’il réussit à transformer en œuvres d’art inédites et muséales.

— La Littérature l’inspire également, il crée une accumulation de chaussures (More Cinderellas, 1995) clin d’œil à Cendrillon des contes de Grimm et de Perrault. 

Dès 1964, fort de sa nouvelle maîtrise du plexiglas, l’artiste réalise un tableau dans lequel il parvient à capturer des billes de mercure pour réaliser une œuvre tout a fait novatrice.

Cette création est particulièrement sensible aux effets de lumière si bien que son aspect est ainsi en perpetuel transformation.

L’énergie qu’elle dégage a séduit directeur du Musée du Carnegie Institute. Il la présente à l’Exposition internationale d’Art contemporain de Pittsburg.
Sidney Janis tombe sous son charme et l’acquiert pour sa galerie new-yorkaise.
40 ans plus tard, elle se retrouve à Paris, chez M.A.K. Galerie. 

Christo (copie)

Christo 1935–2020
40 ans après que le Pont-Neuf de Paris a été empaqueté à l’initiative de Christo et Jeanne-Claude, M.A.K. Galerie revient sur la carrière de ce couple artiste à travers une série de projets dont le plus ancien remonte au début des années 1970.
Ce sont ainsi sept projets que l’on redécouvre en images avec les dessins et collages préparatoires signés « Christo ».

A la fois maître d’œuvre et maître d’ouvrage, Christo s’est entouré d’une équipe de confiance. Ses interventions in situ lui permettent de révéler au public des éléments du quotidien. Qu’il s’agisse d’objets mobiliers, de monuments historiques ou de vastes paysages, il s’adapte et compose avec son environnement.

Cette exposition met en lumière la façon dont Christo s’est plu à changer d’échelle, passant de l’empaquetage d’un canapé deux places (Wrapped couch, 1973) à l’implantation transcontinentale de parasols géants formant deux forêts, l’une bleue et l’autre jaune, séparées par l’Océan Pacifique (The Umbrellas, 1984-1991). Il a évolué dans différents milieux, naturels ou urbains, aériens (Wrapped Trees, 1997-1998) ou lacustres (The Floating Piers, 2014-2016). 

L’ambition démesurée de certains projets de l’artiste s’est parfois heurtée aux autorités locales (Over the River, 1992-2017, non réalisé). Rappelons cependant que Christo et Jeanne-Claude ont toujours privilégié l’autofinancement et que leurs réalisations n’avaient pas de portée politique à l’exception notable du Wrapped Reichstag (1971-1995), en soutien au régime démocratique. 

C’est un total de onze œuvres originales qui sont actuellement exposées à la vente. La plupart intègre des collages à partir de photographies de Wolfgang Volz, de cartes topographiques, d’échantillons de tissus. Certains forment des polyptyques, composés de plusieurs panneaux juxtaposés. D’autres tiennent de la maquette, sorte de projets-reliefs où la matière surgit au milieu du dessin comme, par exemple, la toile jaune ou bleue des parasols sur fond de vallée californienne (en jaune) ou japonaise (en bleu). 

La concrétisation du projet parisien L’Arc de Triomphe, Wrapped, 60 ans après les premières esquisses, permet d’espérer l’aboutissement de The Mastaba, projet pour Abu Dhabi initié en 1977 et dont un dessin daté « 1978 » est à voir chez M.A.K. Galerie. 

The Mastaba

1958 — Paris
Les débuts des empaquetages

Christo accumule de nombreuses boîtes de peintures vides ; il les peint, puis les enveloppe dans des morceaux de toile. Elles deviennent d’authentiques sculptures — mais, frustré par leurs dimensions, il les délaisse au profit d’œuvres plus imposantes : les Barils, qui lui permettent de créer de multiples combinaisons.

À Cologne, en 1961, Christo et Jeanne-Claude (rencontrée récemment) réalisent, en parallèle d’une exposition chez Haro Lauhus, d’imposants empilements de barils sur les docks : leur première sculpture en forme de Mastaba (1).

De retour à Paris, ils projettent de barrer la rue Visconti, l’une des plus étroites de la capitale : la réalisation portera le nom de « Rideau de fer ». Elle sera exécutée le soir du vernissage de l’exposition Christo chez Pierre Restany, le 27 juin 1962, et ne restera que le temps de quelques photographies prises dans la nuit, avant le démontage et le retour des barils dans l’atelier de Gentilly (2).

Cette action inédite propulse Christo et Jeanne-Claude sur les devants de la scène avant-gardiste européenne. Leurs installations éphémères vont devenir leur marque artistique durant des décennies. En 1964, Christo et Jeanne-Claude déménagent à New York (3).

Christo s’éloigne alors de l’esthétique du vieux et de l’usagé pour faire appel à de nouveaux matériaux : des barils de pétrole flambant neufs aux couleurs étincelantes, remplaçant la patine des années parisiennes.

Dès le début des années 1960, des projets de Mastabas de plus en plus monumentaux sont réalisés — d’abord dans le port de Cologne (1961), puis à l’Institute of Contemporary Art de Philadelphie (1968) (4). D’autres, en revanche, ne verront jamais le jour sans que cela n’entame l’enthousiasme du couple : Central Park à New York (1967), Galerie d’art moderne à Rome (19671968), Fondation Maeght à Saint‑Paul‑de‑Vence (19671968), Houston (19691973) ou Otterlo (1973).

En 1977, les deux artistes conçoivent pour les Émirats arabes unis le plus grand projet de sculpture alors envisagé : un Mastaba monumental, plus grand que la pyramide de Khéops ou que la basilique Saint‑Pierre de Rome (5).

Selon Christo : « le projet consiste à intriguer la société… nous déployons notre énergie pour réaliser un objectif totalement irrationnel ; c’est là que réside l’essence de notre travail » (6). Il ajoute : « Je crois que notre travail regroupe plusieurs éléments de différentes disciplines artistiques. Ce n’est pas du dessin, de la peinture, de la sculpture ou de l’architecture mais tout cela ensemble » (7).

Les deux artistes ont consacré beaucoup de temps à ce Mastaba entre 1979 et 1983. Alors que le projet avait perdu en visibilité, Christo lui donne un nouveau souffle en 2018, au moment où la Serpentine Gallery à Londres célèbre 60 ans de créations avec des barils dans l’exposition « Christo and Jeanne-Claude : Barrels and The Mastaba, 1958‑2018 » (8).

Le Mastaba de Londres, installé au cœur de Hyde Park, ne devait flotter sur la Serpentine que le temps d’un été : du 18 juin au 23 septembre 2018 (9). Conduit entre 2016 et 2018, le projet s’inspirait notamment de celui prévu pour le lac Michigan (1968). Couvrant 1 % de la surface de la rivière Serpentine, mesurant plus de 20 mètres de haut, il comptait 7 506 barils de couleur rouge, bleue et mauve — soit 55 fois moins que pour le projet d’Abu Dhabi.

Le Mastaba d’Abu Dhabi culminera à 150 mètres de hauteur, sur une base rectangulaire de 300 mètres de longueur par 225 mètres de profondeur, soit 67 500 m², et comprendra 410 000 barils de pétrole multicolores afin de créer une mosaïque de couleurs vives et scintillantes en écho à l’architecture islamique (10). Il est destiné à marquer durablement le paysage désertique de Liwa, où furent tournées quelques scènes des plus stupéfiantes de Star Wars, VII : Le Réveil de la Force (2015).

Christo et Jeanne-Claude relancent les études à partir de 2007. Pour réaliser le projet de leur vie, quatre équipes d’ingénieurs indépendantes sont sollicitées afin d’en imaginer la structure portante. La solution proposée par l’équipe de l’Université Hosei, au Japon, l’emporta : la structure en pylônes d’acier, dont le volume équivaut à quatre fois celui de la tour Eiffel, pèsera plus de 50 000 tonnes (11). Depuis 2012, le cabinet PricewaterhouseCoopers analyse les bénéfices sociaux et économiques de ce gigantesque Mastaba, qui deviendrait le seul projet du couple pérennisé in situ (12).

« [Christo] pense aussi au Mastaba dans son sens originel. Mastaba est un mot très ancien, plus ancien que le mot « pyramide », un mot qui existait voilà très longtemps et qui vient, il y a 6 000 ou 7 000 ans, de la plus vieille ville de Mésopotamie. C’était une sorte de banc massif avec deux côtés inclinés et deux côtés verticaux. Plus tard, les Égyptiens ont pris ce mot pour désigner des monuments funéraires. » (13) Le sens du mot qui nous intéresse est ici son sens originel.

Pour Christo : « le Mastaba (d’origine), c’est très beau, c’est un monument, une poussée de forces. Quand vous êtes en position latérale, vous regardez les murs diagonaux, vous avez l’impression que toute la structure va exploser. C’est une perception très différente de celle que provoquent les pyramides… » (14) Le Mastaba d’Abu Dhabi, c’est… « une sculpture‑architecture » (15). L’endroit choisi est extraordinaire, dans la région ouest (Al Gharbia), à 160 km environ d’Abu Dhabi, près de l’oasis de Liwa. Le lieu est fait d’un plateau et d’une vallée, ce qui permet d’observer la structure à différents niveaux. Le projet comprend le Mastaba, mais aussi une zone protégée de 20 km2 qui l’entoure afin de se garder d’architectures sans qualité.

Notes

  1. Première sculpture en forme de Mastaba réalisée à Cologne, 1961, dans le contexte d’une exposition chez Haro Lauhus.
  2. « Rideau de fer » : intervention rue Visconti, exécutée le soir du vernissage de l’exposition Christo chez Pierre Restany, le 27 juin 1962, puis démontée après les prises de vue nocturnes.
  3. Déménagement à New York : 1964.
  4. Jalons évoqués : port de Cologne (1961) et Institute of Contemporary Art, Philadelphie (1968), dans la chronologie des projets de Mastabas.
  5. Projet de Mastaba monumental pour les Émirats arabes unis (conçu en 1977), présenté comme le plus grand projet de sculpture alors envisagé.
  6. Extrait : entretien avec Christo, catalogue de l’exposition Fondation Maeght, 2016, p. 48 et suiv.
  7. Ibid.
  8. Exposition « Christo and Jeanne-Claude : Barrels and The Mastaba, 1958‑2018 », Serpentine Gallery, Londres : rappelée ici comme contexte de relance de visibilité en 2018.
  9. Guillaume Fournier, « Christo installe un Mastaba flottant en plein milieu d’Hyde Park », Le Monde, 20 juin 2018.
  10. Roxana Azimi, « Le Mastaba de Christo, un rêve pharaonique dans le désert des Émirats arabes unis », Le Monde, 03 septembre 2021.
  11. Données de structure (Université Hosei, pylônes d’acier, équivalence volumétrique, masse) : telles que rapportées dans le texte fourni.
  12. PricewaterhouseCoopers : analyse des bénéfices sociaux et économiques depuis 2012, mentionnée dans le texte fourni.
  13. Extrait : entretien avec Christo, catalogue de l’exposition Fondation Maeght, 2016, p. 48 et suiv.
  14. Ibid.
  15. Ibid.

Bibliographie

  • « Christo and Jeanne-Claude, The Mastaba — Project for United Arab Emirates. A Work in Progress », catalogue d’exposition, Galerie Guy Pieters, 21 juillet‑15 septembre 2007.
  • « Christo and Jeanne-Claude, The Mastaba — Project for Abou Dhabi UAE », Cologne, Taschen, 2012.
  • « Christo and Jeanne-Claude : Barils ‑ Barrels », catalogue d’exposition, Fondation Maeght, 4 juin‑27 novembre 2016.
  • Guillaume Fournier, « Christo installe un Mastaba flottant en plein milieu d’Hyde Park », Le Monde, 20 juin 2018.
  • Roxana Azimi, « Le Mastaba de Christo, un rêve pharaonique dans le désert des Émirats arabes unis », Le Monde, 03 septembre 2021.

Christo

Christo 1935–2020
40 ans après que le Pont-Neuf de Paris a été empaqueté à l’initiative de Christo et Jeanne-Claude, M.A.K. Galerie revient sur la carrière de ce couple artiste à travers une série de projets dont le plus ancien remonte au début des années 1970.
Ce sont ainsi sept projets que l’on redécouvre en images avec les dessins et collages préparatoires signés « Christo ».

A la fois maître d’œuvre et maître d’ouvrage, Christo s’est entouré d’une équipe de confiance. Ses interventions in situ lui permettent de révéler au public des éléments du quotidien. Qu’il s’agisse d’objets mobiliers, de monuments historiques ou de vastes paysages, il s’adapte et compose avec son environnement. 

Cette exposition met en lumière la façon dont Christo s’est plu à changer d’échelle, passant de l’empaquetage d’un canapé deux places (Wrapped couch, 1973) à l’implantation transcontinentale de parasols géants formant deux forêts, l’une bleue et l’autre jaune, séparées par l’Océan Pacifique (The Umbrellas, 1984-1991). Il a évolué dans différents milieux, naturels ou urbains, aériens (Wrapped Trees, 1997-1998) ou lacustres (The Floating Piers, 2014-2016). 

L’ambition démesurée de certains projets de l’artiste s’est parfois heurtée aux autorités locales (Over the River, 1992-2017, non réalisé). Rappelons cependant que Christo et Jeanne-Claude ont toujours privilégié l’autofinancement et que leurs réalisations n’avaient pas de portée politique à l’exception notable du Wrapped Reichstag (1971-1995), en soutien au régime démocratique. 

C’est un total de onze œuvres originales qui sont actuellement exposées à la vente. La plupart intègre des collages à partir de photographies de Wolfgang Volz, de cartes topographiques, d’échantillons de tissus. Certains forment des polyptyques, composés de plusieurs panneaux juxtaposés. D’autres tiennent de la maquette, sorte de projets-reliefs où la matière surgit au milieu du dessin comme, par exemple, la toile jaune ou bleue des parasols sur fond de vallée californienne (en jaune) ou japonaise (en bleu). 

La concrétisation du projet parisien L’Arc de Triomphe, Wrapped, 60 ans après les premières esquisses, permet d’espérer l’aboutissement de The Mastaba, projet pour Abu Dhabi initié en 1977 et dont un dessin daté « 1978 » est à voir chez M.A.K. Galerie. 

Arman

Arman,
(Armand Fernandez)
1928–2005
L’un des fondateurs du mouvement des Nouveaux Réalistes
Arman décompose, découpe et accumule tout ce qu’il lui tombe sous la main c’est son principe de base.
Il s’inspire même des emblèmes d’œuvres classiques pour les reconstruire et les recomposer.
Les « outrages » qui fait subire à La Vénus Genitrix du Louvre et la Diane de Versailles, en sont de parfaits exemples.

M.A.K. Galerie expose deux rares « Transculptures » : Venus Labyrinthe de l’Amour et Engrediane ainsi que des œuvres choisies qui permettent de parcourir 40 ans de création . 

Arman est un esthète.

il aime :

— La Musique, au point de noyer des violons (Violon noyé 1972) ou de les violenter (Violon Coupé III 1994)

— La Peinture, il l’accumule, laisse couler des tubes, et regarde les matières s’assembler (Accumulation de flacons de vernis et coulées rouge et argent, 1968-1969). 

Dans son concept novateur, Arman fige des collections d’objets, accumule des éléments du quotidien qu’il réussit à transformer en œuvres d’art inédites et muséales.

— La Littérature l’inspire également, il crée une accumulation de chaussures (More Cinderellas, 1995) clin d’œil à Cendrillon des contes de Grimm et de Perrault. 

Dès 1964, fort de sa nouvelle maîtrise du plexiglas, l’artiste réalise un tableau dans lequel il parvient à capturer des billes de mercure pour réaliser une œuvre tout a fait novatrice.

Cette création est particulièrement sensible aux effets de lumière si bien que son aspect est ainsi en perpetuel transformation.

L’énergie qu’elle dégage a séduit directeur du Musée du Carnegie Institute. Il la présente à l’Exposition internationale d’Art contemporain de Pittsburg.
Sidney Janis tombe sous son charme et l’acquiert pour sa galerie new-yorkaise.
40 ans plus tard, elle se retrouve à Paris, chez M.A.K. Galerie. 

Niki

Niki de Saint Phalle 1930–2002
Quand Niki de Saint Phalle conçoit du mobilier, c’est d’abord pour elle-même, pour son propre plaisir et son usage personnel. Et ça se ressent !

Nous aussi nous aimerions bien nous assoir sur les genoux de Charly (1981), le fauteuil qui rappelle à l’artiste l’affection réciproque qui la lie à la galeriste Micheline Szwajcer et à son époux Charly. 

Charly a pris place chez M.A.K. Galerie. Il est venu avec ses Quatre Nanas (1991), la fontaine du Jardin des Tarots qui, dans une version réduite, a également suivi Niki de Saint Phalle dans son atelier de Soisy-sur-Ecole. 

Niki de Saint Phalle peignant une sculpture, assise sur le fauteuil « Charly » (1981), avec une version réduite des « Quatre Nanas » (1991), fontaine du Jardin des Tarots.
Niki de Saint Phalle dans son atelier, assise sur Charly (1981), peignant une sculpture. À ses côtés, une version réduite des Quatre Nanas (1991) — évocation de la fontaine du Jardin des Tarots.
Photo : Laurent Codominas. © Niki Charitable Art Foundation

Si cette figure emblématique de la Nana est bien représentée ici (Nana vase, 1984 ; Ange vase, 1993 ; Oiseau amoureux vase, 2000), elle cède le pas à des pièces beaucoup plus rares. On verra ainsi, au 24 avenue Matignon, Le Diable du Jardin des Tarots présenté lors de la grande rétrospective du Grand Palais, à Paris, en 2014 ou des pièces de mobilier exposées à Toulouse en 2022 dans une exposition retentissante remontée au Musée des Beaux-Arts de Québec en 2025. 

Le Vase aux deux têtes (1989), le Grand Chameau (1991), le Vase Chien (1992) à double face et le « Black Hero » #19 Baseball Player (1999) sont caractéristiques de cet « Art en liberté », un art de liberté pour la Liberté. 

Niki de Saint Phalle s’est affranchie des règles. Qui a dit qu’il n’y avait qu’une manière de s’assoir sur une chaise ? Après les fameux fauteuils aux serpents, les fauteuils anthropomorphes dont Charly, l’artiste a imaginé Dos-à-dos (1993) : boudez-vous, jouez à la chaise musicale ou asseyez-vous à califourchon… bref, osez ! 

Les meubles-sculptures de Niki de Saint Phalle sont à l’honneur chez M.A.K. Galerie. Les œuvres sont signées et portent le cachet de l’atelier Haligon, spécialisé dans la production de résines d’art et situé dans le Val-De-Marne. La collaboration a commencé avec Robert, le père, dès le milieu des années 1970. Elle s’est poursuivie avec Gérard, le fils. Ce qui au départ était des créations pour servir de décor à ses films dans la perspective de créer un art total est devenu un art à vivre dont témoignent les photographies d’archives montrant Niki de Saint Phalle vivant dans son mobilier.